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26/09/2006

François Bayrou à l’émission Le Franc-parler sur iTélévision et France Inter : Il faut un Etat de proximité dans les quartiers difficiles - 25.09.06

Fmedium_bayroupresident.jpegrançois Bayrou a constaté que les promesses de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy en matière d’insécurité n’avaient pas été tenues. Le président de l’UDF propose de réimplanter l’Etat dans les quartiers difficiles pour lutter contre la délinquance. François Bayrou a défendu le modèle républicain français fondé sur l’égalité des chances et rejeté le modèle américain défendu par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le président de l’UDF veut également rebâtir une démocratie républicaine qui redonne aux citoyens toute sa place. Enfin, François Bayrou a affirmé à nouveau sa volonté de dépasser les clivages artificiels et de faire travailler ensemble des hommes politiques de sensibilités différentes pour refonder notre modèle républicain et défendre ses valeurs.

François Bayrou a estimé que la réalité de la violence de la société n’a pas changé malgré les promesses faites en 2002 : " il y a une distance entre les la réalité et les annonces mirobolantes… ". Citant un article du Journal du dimanche, le président de l’UDF a constaté qu’il reste des zones de non-droit où les CRS ont ordre de ne pas entrer : " cela signe un extraordinaire échec " de la politique conduite. François Bayrou considère même que le gouvernement est en train de renforcer la violence en mettant en scène les conflits : il désapprouve le spectacle autour des arrestations des agresseurs présumés des deux CRS dans la cité des Tarterêts. Il propose à la place de réinstaller l’Etat dans les quartiers difficiles : " il faut faire de l’Etat de proximité " comme il y avait autrefois une obligation de résidence pour les fonctionnaires dans les quartiers et les villages. Il ne faut pas faire venir les CRS et les caméras de télévision mais " avoir une proximité, un enracinement pour que l’Etat ne soit plus un étranger mais une puissance présente ". Cela implique, selon lui, qu’il y ait plus d’Etat dans les quartiers où cela va mal et moins d’Etat là où ça va bien.

Même critique à l’égard du traitement de la délinquance des mineurs : " les promesses qui avaient été faites par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n’ont pas été tenues ". La majorité avait annoncé pendant la campagne de 2002 qu’elle créerait 10 000 places d’internats encadrés, même pas 1% ont été réalisées. François Bayrou a ainsi expliqué que les magistrats n’ont pas les instruments nécessaires pour proposer des peines alternatives à la prison, " un pourrissoir " où les jeunes risquent de rencontrer des caïds et des bandes. Le président de l’UDF s’est prononcé en faveur de travaux d’intérêt général durs qui seraient encadrés, il s’agirait de peines éducatives. " Je ne suis pas dans l’angélisme " a précisé François Bayrou qui ne craint pas de parler de répression et de sanctions pour les délinquants. Il a également témoigné de l’absence de moyens matériels de la justice et en particulier du tribunal de Bobigny qu’il a visité en juin dernier et qui est actuellement au centre de la polémique sur l’explosion de la délinquance en Seine-Saint-Denis.

S’agissant de la violence à l’école, François Bayrou trouve " idiot " la proposition de Ségolène Royal d’introduire un deuxième adulte dans les classes pour ramener le calme car cela veut dire, selon lui, que les professeurs ne sont pas capables de tenir leur classe. Le président de l’UDF est partisan de retirer des établissements, les élèves qui perturbent les cours et de leur offrir voire de leur imposer une éducation adaptée où ils seraient encadrés par des éducateurs. Il n’est pas non plus favorable au recours aux militaires comme l’a suggéré Ségolène Royal estimant qu’on donne trop souvent à l’armée des tâches qui ne sont pas de sa responsabilité.

La grande question qui se pose selon lui pour cette élection est celle du modèle : François Bayou défend le modèle républicain français contre le modèle américain que défendent Nicolas Sarkozy et " de manière discrète " Ségolène Royal : il s’agit, selon lui, de choisir entre vivre ensemble avec les mêmes lois et les chances les plus égales possibles pour tous, et les dérives de la société américaine du chacun chez soi, les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres… François Bayrou estime que l’Education doit être le sujet principal de l’élection présidentielle : l’école touche à l’égalité des chances, à l’insécurité… Il a rappelé que Victor Hugo disait : " quand j’ouvre une école, je ferme une prison ". Cette vérité est, selon lui, toujours d’actualité : les délinquants sont neuf fois sur dix des jeunes en échec scolaire lourd. L'école, c'est aussi la Recherche : " il va nous falloir conduire un immense effort pour que le pays utilise toutes les capacités qui sont les siennes pour inventer, découvrir, en sciences, en techniques, les choses nouvelles dont il a besoin. Tout cela, c'est notre prospérité de demain ".
François Bayrou a cité le sociologue Eric Maurin qui montre que l’élément de la ghettoïsation, c’est l’école. Le président de l’UDF veut donc rétablir l’excellence y compris dans les établissements défavorisés en créant de bonnes classes pour les bons élèves. Il s’agit d’inverser le mouvement actuel où la société française est en voie de ségrégation et certains veulent la renforcer en mettant en concurrence les écoles : il constat qu’aujourd’hui, les mêmes milieux sociaux fournissent l’essentiel de la réussite. Ainsi, François Bayrou est opposé à la suppression de la carte scolaire car ce système, c’est selon lui, " l’engagement que l’Etat prend que l’excellence soit partout y compris et surtout dans les quartiers en difficulté " : " notre devoir est que partout en France, on puisse réussir à l’école. C’est ce que la France a défendu et réussi pendant des décennies ".

François Bayrou " veut rebâtir une démocratie républicaine ". La démocratie française est, selon lui, " verrouillée ", " le pouvoir s’enferme dans ce cercle : pouvoir politique, pouvoir économique, pouvoir médiatique ". " L’expression des citoyens n’a plus sa place " a affirmé le président de l’UDF. Cela passe notamment par un Parlement qui sera la représentation des Français : " il est juste de représenter les territoires par des circonscriptions et de représenter les opinions ". Cela suppose qu’au moins 50% des sièges soient pourvus à la proportionnelle même si cela implique de faire entrer le Front national à l’Assemblée nationale : François Bayrou préfère affronter un FN à visage découvert plutôt que de le voir cheminer de manière souterraine et le voir resurgir au premier tour des présidentielles…

François Bayrou a défendu le pluralisme contre la bipolarisation de la vie politique qui est le modèle américain défendu par les médias : c’est, selon lui, tellement plus facile, plus simple, plus confortable pour eux de n’avoir que deux puissances en face pour s’entendre avec les deux. Le président de l’UDF conteste ce choix de la bipolarisation revendiquée par les dirigeants de TF1 : " ils ne sont pas légitimes à le faire ". De plus, il considère que TF1 n’est pas une entreprises comme une autre qui pourrait uniquement se soucier de son chiffre d’affaires : " TF1 est le premier responsable culturel et démocratique en France, la chaîne a une responsabilité morale très importante ".

François Bayrou a précisé la place de l’UDF par rapport à l’UMP et au PS : " Le centre, ce n’est pas entre les deux, c’est un projet que j’ai décrit et une philosophie : on peut travailler ensemble ". Il considère que l’affrontement droite-gauche au point de crise où nous en sommes, n’a plus de sens, il faut former un gouvernement d’entente capable de dépasser les anciens clivages : " il y a à gauche et à droite, des responsables politiques de bonne volonté qui pensent la même chose sur l’essentiel ". François Bayrou s’est dit convaincu que cette aspiration à ce nouveau projet républicain est puissante en France et que les Français peuvent obliger les principaux partis à travailler ensemble comme c’est le cas aujourd’hui en Allemagne. " Etre capable de travailler avec d’autres même si nous n’avons pas les mêmes étiquettes, c’est la principale originalité du projet que je porte " a résumé le président de l’UDF, " il y aura un bulletin sur la table qui dira : on sort des affrontements artificiels et on oblige des camps différents à travailler ensemble