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28/09/2006

La privatisation de GDF votée par les seuls députés UMP

L’Assemblée Nationale approuve la privatisation de GDF. Tel était le titre d’une dépêche d e l’AFP de ce jour. En réalité, pour être juste le titre aurait dû être " Seuls les députés UMP approuvent la privatisation de GDF ". En effet, le groupe UDF en conformité avec ses déclarations précédentes ainsi que les groupes PS et PC ont voté contre l’article 10 qui ouvre la voie à la privatisation du groupe public.

Les députés UDF ont tout d’abord présenté un projet alternatif, celui-ci a été refusé par le groupe majoritaire.

L’UDF s’est donc prononcée contre ce projet de privatisation de GDF qui ne constitue par un projet marqué par le bons sens notamment pour les raisons suivantes (voir les interventions des députés UDF sur le site www.udf.org) :

- la justification première de celui-ci est de " voler " au secours d’une entreprise privée Suez qui serait menacée par une OPA hostile. L’argument ne tient pas, car en cas de privatisation de GDF et de fusion avec Suez, la nouvelle entité créée pourrait elle aussi être opérable.

- Deuxièmement, la taille de la nouvelle entreprise permettrait d’obtenir des prix plus bas pour le consommateur en achetant en gros. Rappelons tout d’abord que les prix du gaz ont augmenté de près de 25,8% en 1an et demi et la fin du tarif régulé se traduirait inévitablement par de nouvelles hausses encore plus importantes. De plus, l’actuel PDG de GDF qui a annoncé des bénéfices records pour le premier semestre 2006, après ceux de 2005 souhaite d’ailleurs une révision à la hausse des tarifs du gaz en raison de la flambée des cours du pétrole. A ce propos, il convient de rappeler que les hypothèses retenues par GDF concernant le pétrole était de 64 dollars, il est actuellement de 60 dollars.

- La nouvelle entité " aurait à cœur " de préserver la mission de service public de GDF et d’ailleurs l’Etat conservera une minorité de blocage (31 % des actions). Premièrement en tant que société privée, je ne pense pas que l’intérêt premier des actionnaires sera la mission de service public mais en réalité la recherche de dividendes. De plus, la soi-disante minorité de blocage de l’Etat serait bien fragile en cas d’augmentation de capital ou d’OPA toujours possible et réalisable dans le monde économique.

D’ailleurs quelle confiance accorder à des élus de la République qui en 2004 lors du vote de la loi sur l’ouverture du capital de GDF avaient inscrit dans la loi justement que la part de l’Etat ne descendrait jamais en-dessous des 70 % et qui maintenant votent le contraire et renient donc leur parole.

Mais il est vrai qu’il y a eu un changement notable par rapport à 2004. Nicolas SARKOZY qui était Ministre de l’Economie et des Finances avait juré à cette époque " la main sur le cœur que cette disposition serait toujours respectée et intangible  "  est maintenant Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP et Candidat déclaré à la présidentielle et qu’il s’est prononcé pour ce projet et donc pour la privatisation de GDF.